Le myélome multiple

Le myélome multiple

Le myélome multiple est un cancer du sang. Il est causé par la prolifération et l’accumulation d’un certain type de globules blancs que l’on appelle les plasmocytes, cellules produites par la moelle osseuse. Le dérèglement de ces cellules génère des cellules malignes, appelées cellules myélomateuses, qui occasionnent les différentes manifestations de la maladie.

Pour une définition plus vulgarisée du myélome multiple, consultez :

L’incidence du myélome au Canada

Au Canada, environ 2500 personnes reçoivent chaque année un diagnostic de myélome multiple. Ce diagnostic correspond à 1,3% de tous les cancers et à 10% des cancers du sang. Il est malheureusement responsable de 1,8% des décès par cancer. L’incidence annuelle est de 5,2 nouveaux cas par tranche de 100 000 personnes (Statistiques canadiennes sur le cancer 2013). Les statistiques québécoises sur le myélome multiple ne sont malheureusement pas bien connues, puisqu’aucune base de donnée provinciale n’existe à ce sujet. Malgré les nombreux développements des dernières années en matière de traitement du cancer, cette maladie demeure incurable pour la vaste majorité des patients avec les thérapies standards.

Symptômes et manifestations cliniques

Les manifestations cliniques de cette maladie résultent principalement de deux phénomènes :

  • l’accumulation des cellules myélomateuses, en particulier dans la moelle osseuse et dans les os. Cette accumulation peut toutefois se produire n’importe où dans le corps humain et même former des tumeurs appelées plasmocytomes;
  • l’accumulation d’anticorps ou de portions d’anticorps toxiques pour les reins et parfois d’autres organes.

Bien que le diagnostic du myélome multiple puisse se faire sans manifestation clinique, par une découverte fortuite en investiguant autre chose, la majorité des patients au moment du diagnostic présentent des symptômes, parmi lesquels

  • les symptômes généraux (fatigue, perte de poids, perte d’appétit), souvent présents à des degrés variables;
  • les symptômes de l’insuffisance rénale, dont les nausées et les vomissements;
  • les douleurs osseuses (symptôme très fréquent);
  • les symptômes reliés à l’anémie (concentration d’hémoglobines diminuée avec fatigue, intolérance à l’effort, maux de tête, angine…), de thrombopénie (décompte plaquettaire diminué avec tendance aux saignements) et neutropénie (décompte de neutrophiles diminué avec tendance aux infections)

Aucun symptôme n’est spécifique au myélome multiple. Il est donc important que les médecins de première ligne soient sensibilisés à ce fait. Lorsqu’un diagnostic de myélome multiple est plausible, il est important de pousser l’investigation. Le diagnostic ne se fait pas par le questionnaire ni l’examen physique, mais plutôt à l’aide des tests paracliniques (voir section « Diagnostic « ).

Les facteurs de risque du myélome multiple

Jusqu’à maintenant, aucune cause du myélome multiple n’a été clairement établie. Certains facteurs de risque ont toutefois été ciblés, notamment :

  • l’âge : la maladie affecte davantage la population de plus de 40 ans (moins de 5% des cas chez les moins de 40 ans), avec un diagnostic survenant généralement autour de 65 ans;
  • le sexe : ratio général de 6 hommes pour 4 femmes atteints du myélome multiple. Il est possible que des facteurs hormonaux jouent un rôle;
  • l’origine : le myélome multiple peut être diagnostiqué chez des individus de toutes races. Toutefois, l’incidence chez les individus de race noire est environ deux fois plus élevée;
  • la gammopathie monoclonale bénigne (appelée aussi MGUS) constitue une première étape au développement du myélome multiple;
  • il est possible que des facteurs environnementaux tels le benzène, les pesticides et l’exposition aux radiations augmentent l’incidence du MM, mais les évidences cliniques ne sont pas convaincantes;
  • Il est important de spécifier que le myélome multiple n’est pas une maladie contagieuse.

Hérédité et génétique

Bien qu’il ne s’agisse pas d’une maladie héréditaire, le risque est tout de même plus élevé lorsqu’un membre de la famille du premier degré en est atteint. De plus, il existe des familles avec plusieurs individus atteints d’un myélome multiple.

Comme la majorité des cancers, le myélome multiple est une maladie génétique. En effet, plusieurs anomalies génétiques récurrentes ont été documentées.